samedi 30 Mars 2013

Les état de service

de Roger Terrier

dans la résistance.

 

Je n'ai pu reconstituer les états de service de Roger Terrier qu'en 2013 grâce à un remarquable DVD, sur la résistance en Savoie, réalisé par l'AERI . L'AERI est une association créée en 1993 par d'anciens résistants, qui s'est donnée pour mission d'animer et de coordonner des études sur la Résistance intérieure. Depuis le 1er janvier 2012, l'AERI est un département de la Fondation de la Résistance.

Le DVD sur "La Résistance en Savoie" résulte des travaux de recherche d'un groupe AERI-ONAC. Il est disponible à la librairie de l'AERI, son prix est 20 euros. La compilation de ce DVD a été réalisée, en pratique, et techniquement par Eric Le Normand (Félicitations à lui pour ce travail excellent).

Merci à l'équipe d'historiens

Merci à Eric Le Normand

Je conseille vivement l'achat de cette œuvre majeure.

Disposant d'autres documents, j'ai pu, ainsi, compléter et commenter la fiche de mon père Roger Terrier (subjectivement puisque je suis son fils).

 Note Juridique : Je rédige cette page, es-qualité de fils unique, donc d'ayant droit, héritier et continuateur de la personne de feu Roger Terrier : art. 16 et 724 Code Civil. Cette page comporte des extraits infimes d'un DVD aux fins de commentaires, d'ajouts personnels, et de pédagogie, dans le cadre du respect des tolérances de l'article L122-5 du Code de la Propriété Intellectuelle.
D'autres sources nombreuses, autres que le DVD d'AERI seront utilisées.
Toute contestation concernant cette page devra m'être adressée :
Michel Terrier 60 impasse de Mérande 73800 ARBIN (France). email

Roger Terrier avait pour ami Lucien Rose

Lucien Rose et Roger Terrier en 1938.

 Ils ont 22 et 21 ans. Des amis...

La résistance commence souvent ainsi.

(photo collection Terrier)

Roger Terrier est titulaire du brevet élémentaire et du brevet supérieur.

Il devient un adepte du mouvement Nouvel Age, créé par Georges Valois en 1934. Il termine son service armé, dans les chasseurs alpins, en 1940. Au cours des années 1941-1942, il est rédacteur à la Caisse départementale des assurances sociales. Les assurances sociales deviendront après guerre la Sécurité Sociale.

Roger Terrier, contacté par son ami de toujours Lucien Rose (ainsi que par Charles Benoit, alias "Voiron"), adhère au mouvement Libération-Sud en Novembre 1941. Il prend comme pseudonyme le nom de "Gide". Comme l'écrit Lucien Rose, c'était son auteur favori. L'écrivain André Gide a développé une œuvre complexe, changeante, et tourmentée.

Il est chargé du service politique, c'est-à-dire l'organisation civile, pour le département de la Savoie. Ses adjoints sont Pierre Mantello, Albert Fontaine et Marcel Morisot. Il entre dans l'état-major du mouvement Libération-Sud pour la sous-région Lamartine. Il se charge du recrutement et de la formation des trentaines.

En juin 1942, lors de la réorganisation du département, André Lezier prend la responsabilité civile et militaire, Henri Viltard est son adjoint pour l'Armée secrète (AS) et Roger Terrier pour l'Action politique (AP). Il collabore aussi avec François Marcet.

Atteint d'une tuberculose pulmonaire, Roger Terrier poursuit son activité. Il change de service au cours de l'année 1943 pour la propagande et diffusion. Jean Mercier le nomme le 1er juillet, premier adjoint, chargé des affaires civiles au sein de son état-major du mouvement Libération-Sud. Il prend, alors, le pseudonyme de "Bouchet". Au cours de ce même mois, il devient responsable des liaisons, et cherche à travers la ville de Chambéry des correspondants susceptibles de recevoir le courrier de la Résistance. Il entre, alors, en contact avec Gabriel Bariolade. J'ai connu un peu Gabriel Bariolade, qui était professeur au lycée de Chambéry.

Le 15 septembre 1943, il entre au Directoire des Mouvements unis de Résistance (MUR) en tant que troisième adjoint de Jean Mercier, chargé des affaires civiles pour le mouvement Libération-Sud. Il se charge, lors de l'arrestation de ce dernier, le 7 janvier 1944, d'assurer, pendant quelques jours l'intérim à la direction du département.

Suite à l'arrestation de Jean Mercier, il est nominativement recherché par la Gestapo. Il échappe de peu à des arrestations et rejoint l'Ain. Il séjourne à Hauteville dans un établissement pour tuberculeux, nommé L'ORSAC. Il continue à militer dans l'Ain en effectuant des tâches de "police". Son rôle précédent, en Savoie, n'était pas connu dans l'Ain, et ce en raison du cloisonnement nécessaire des services de résistance.

Grâce à Lucien Rose, il est pris en charge par le Service Social des MUR dirigé en Savoie par Marguerite Dunoyer.

Roger Terrier maladeEnsuite Roger Terrier terminera sa carrière de résistant à Lyon en suivant le QG de la résistance de l'Ain.

A la Libération, Roger Terrier, qui séjournait à Lyon, revient à Chambéry. Il est nommé lieutenant des Forces françaises de l'Intérieur (FFI). Il meurt le 9 janvier 1945 des suites de sa tuberculose.

Roger Terrier est titulaire, à titre posthume, de la Médaille de la Résistance française avec Rosette et de la Croix de Guerre.

Médaille de la résistance avec rosette.

Croix de Guerre.

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Addendum

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Georges Valois,

Mort pour la France, de son vrai nom Alfred-Georges Gressent (1878 – 1945), était un homme politique français. Recherchant une nouvelle forme d'organisation économique et sociale ainsi que la synthèse du national et du social, il a oscillé entre les radicalités de gauche et de droite. Arrêté à l'Hôtel d'Ardières, aux Ardillats, par la Gestapo le 18 mai 1944, il meurt du typhus à Bergen-Belsen en février 1945. Le mouvement de Nouvel Age était destiné à établir une économie nouvelle propre à remplacer le capitalisme. Il met en forme les propositions distributistes du précurseur Gustave Rodrigues ou de Jacques Duboin... (?) Jacques Duboin, né à Saint-Julien-en-Genevois le 17 septembre 1878 et mort à Versailles le 17 mars 1976, est un banquier, industriel et homme politique français. En octobre 1935, Jacques Duboin crée le journal de réflexion socioéconomique La Grande Relève (2). Il y présente au fil des années sa vision d'une économie de partage des richesses qu'il nomme « économie distributive ». Ces thèses utopistes ne sont pas marxistes et hors du principe de la lutte des classes. Face au communisme léninisme, et autres doctrines marxistes, elles ne purent prospérer.

Georges Valois a été desservi par l'évolution de sa pensée, qui se traduisit par des changements idéologiques successifs : royaliste, fasciste, anarchiste, syndicaliste révolutionnaire, adepte du mouvement coopératif, puis anticapitaliste. Pourtant « il fut un temps où pour certains la pensée de Valois parut devoir mettre définitivement fin aux « fantaisies de Marx ».

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Lucien Rose


liens externes : (who'w who in France) Assemblée Nationale
Né le 2 juin 1916 à Goncelin (Isère) Décédé le 22 juillet 2004 à Betton (Ille-et-Vilaine).
Le père de Lucien Rose était gendarme.
Député de Savoie de 1945 à 1946
Elève du Collège Sainte Anne de La Motte-Servolex puis de l'Ecole primaire supérieure de Chambéry, il obtient le brevet (d'enseignement) élémentaire.
Lucien Rose est catholique et militera, en ce sens, dans des organisations du syndicalisme chrétien.
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Source Assemblée Nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/IVRepublique/rose-lucien-joseph-francois-23061916.asp
Lucien Rose milite, dès 1935, à la Jeune République, résurgence du Sillon . La dynamique syndicale de 1936 gonfle les effectifs de la CFTC, soutenue par Mgr Durieux, évêque de Chambéry, et implique le choix et la formation rapides de cadres surs.
Il devient, en 1938, secrétaire adjoint du syndicat des cheminots CFTC. En même temps il s'engage dans le mouvement chrétien antinazi et antimunichois des "Nouvelles Equipes françaises" de Georges Bidault, Francisque Gay et Louis Terrenoire. Il en devient le responsable départemental pour la Savoie. Avec Léon Morandat, permanent CFTC de Maurienne et Tarentaise, Lucien Rose veut faire du syndicalisme chrétien un rempart contre les totalitarismes. Leur journal, Le Syndicaliste savoyard, se démarque de plus en plus de La Croix de Savoie, pro-mussolinienne, devenue pro-franquiste.
Mobilisé en 1939 comme sous-officier de Chasseurs alpins, Lucien Rose est engagé dans des opérations sur la frontière italienne, puis en Alsace, sur la Somme et, enfin, en Norvège.
Démobilisé en juin 1940 comme lieutenant de réserve, il rentre à Chambéry. Contrairement à d'autres syndicalistes, chrétiens (F.Rossillon, G.Roulet) ou marxistes (M.Mergier,L. Bertin), Lucien Rose ne se laisse guère séduire par les sirènes pétainistes et devient un des premiers résistants savoyards.
Il crée, dès septembre 1940, le Collège syndical de formation ouvrière, avec, pour la CFTC, Jules Zirnheld, Gaston Tessier, Maurice Bouladoux et, pour la CGT, Louis Saillant, Robert Lacoste, Albert Gazier. D'abord chargé de diffuser la presse clandestine venue de Lyon (Les Petites Ailes, Vérités), Lucien Rose reçoit de Léon Morandat, délégué du général de Gaulle en France, mission d'organiser les mouvements Libération et Franc-Tireur dans les Alpes. En qualité de chef "civil", il partage avec l'architecte chambérien Edwin Stephens, chef militaire, la direction de la région "Lamartine" et il sait canaliser vers la Résistance les opposants à "la relève" et les réfractaires au STO, associant les communistes clandestins et les militants de la CGTU aux grèves qu'il organise en 1942 (au dépôt SNCF, à l'usine Aluminium français…). Ayant réussi à échapper à la Gestapo au printemps 1943, il crée, en octobre, un original comité d'unité d'action CFTC-CGT qui s'impose comme seul interlocuteur crédible du patronat savoyard. Mais, en sa qualité de sous-chef régional des MUR pour les Alpes du Nord (Isère, Savoie, Haute-Savoie),il ajoute à son action syndicale l'unification des forces de l'Armée secrète et des FTP pour constituer, au printemps 1944, les FFI dont l'action sera capitale dans la libération des deux départements savoyards. Président du Comité départemental de Libération de Savoie, Lucien Rose est chargé, pour quelques semaines, de l'administration départementale (aout-septembre 1944).
Ces activités se prolongent par l'action politique. Il est élu conseiller général (canton de Chambéry-Nord) puis député de Savoie à la première Assemblée nationale constituante, sous l'étiquette Jeune République, avec 19,49 % des suffrages exprimés au scrutin du 21 octobre 1945.
Inscrit au groupe Résistance démocratique et sociale, il est membre de la Commission de l'intérieur, de l'Algérie et de l'administration générale, départementale et communale, de la Commission du travail et de la sécurité sociale, de la Commission de la justice et de législation générale, de la Commission supérieure des jeux. Il est élu secrétaire de l'Assemblée et nommé juré à la Haute cour de justice.
Secrétaire général du mouvement Jeune République (1945-1949), il reste également à la tête de la CFTC de Savoie, sur une ligne favorable à la fusion avec la CGT, ligne minoritaire au niveau national et dénoncée par le congrès de la Confédération internationale des syndicats chrétiens, à Amsterdam en 1946.
Ce positionnement d'une part et, d'autre part, la structuration du MRP savoyard par Joseph Fontanet, laminent l'électorat de Lucien Rose ; avec 8,2% des voix, il perd son siège de député aux élections du 2 juin 1946. Boudé par les Savoyards, Lucien Rose change de territoire et "s'exile" dans l'ouest de la France, où il refera sa vie et poursuivra une brillante carrière.
Après un essai d'élection politique en Loire Atlantique, il entame alors une carrière dans la presse (Résistance de l'Ouest, à Nantes, Nouvelle République à Bordeaux, services parisiens de Nord- Eclair) qui le conduit à la publicité, notamment à l'agence Havas dont il sera le directeur régional à Rennes jusqu'en 1981.
Il adhère à la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand, rejoignant ainsi le Parti socialiste au congrès d'Epinay. Il est maire adjoint de Rennes de 1977 à 1995.
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J'ai rencontré, hélas tardivement, Lucien Rose (l'ami de mon père) à de nombreuses reprises, il m'a beaucoup appris sur mon père et sur cette période de la résistance.
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Jean Mercier

Jean Mercier (1905-1994) était inspecteur au service des impôts. Il devint résistant au sein de l'état-major départemental du mouvement "Libération-Sud" du 1er janvier à juin 1943 puis chef départemental des Mouvements unis de la Résistance (MUR) du 1er juillet 1943 au 7 janvier 1944. Arrêté le 7 janvier 1944 à Chambéry, il fut interné et gravement torturé à Chambéry... Puis il fut déporté au camp de concentration de Mauthausen (Autriche) et rapatrié le 6 mai 1945. Jean Mercier conservera longtemps des séquelles de cette déportation. Jean Mercier deviendra secrétaire général de l'Office Départemental des Anciens Combattants et victimes de guerre de la Savoie. A ce titre il gèrera avec autorité, dévouement et efficacité les pupilles de la Nation. Etant pupille de la Nation je me dois de signaler combien Jean Mercier utilisait toutes ses connaissances et relations, tant personnelles que professionnelles, pour apporter une solution à tout problème que rencontrait un de ses pupilles. J'ajoute à titre personnel que Jean Mercier fut mon subrogé tuteur de 1956 à 1961.

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François Marcet 1895-1970


François Marcet entre dès 1941 dans la Résistance. Par l'intermédiaire de Lucien Rose, travaillant également à la SNCF, il adhère au mouvement Libération-Sud. Il est chargé, en liaison avec Roger Terrier, d'organiser la diffusion des journaux clandestins et de la propagande pour les
départements de Savoie et Haute-Savoie.
Membre du Comité départemental de Libération (CDL) clandestin, François Marcet devient membre du CDL à la Libération. Il est nommé à la tête de la commission des municipalités. Il est élu conseiller municipal de Chambéry à l'occasion des premières consultations électorales d'après-guerre, puis
conseiller général du canton de Chambéry-Sud. Il est élu maire de Chambéry lors des élections municipales du 29 avril 1945, fonction qu'il exerce jusqu'en 1948, puis conseiller général lors des cantonales du 23 septembre.
François Marcet a été l'un des pionniers de la reconstruction de Chambéry.
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François Marcet était un familier de la maison, chez ma mère dans les années 1945-1956, il était souvent accompagné de sa jeune fille Germaine devenue plus tard épouse Venturini, très connue, qui fit une carrière à la Ville de Chambéry.
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 Les sizaines et les trentaines

Henri Fresnay (1905-1988) qui était militaire de carrière et résistant semble être à l'origine de ce style d'organisation en sizaines et trentaines. L'unité de base est la sizaine et chaque chef de sizaine ne connait que ses 5 compagnons de résistance, ainsi que son chef de trentaine. Le chef de trentaine ne connait que les 5 chefs des sizaines. Ce procédé permet de limiter le risque en cas d'appréhension d'un chef, ou d'un groupe, par l'ennemi. Les tortures utilisées par la Gestapo (et la milice) pour faire parler ne permettaient à personne, fut-il courageux de garantir qu'il ne dénoncerait pas ses camarades. Il ne faut pas non plus oublier les menaces de représailles atroces sur la famille, voire la torture de proches sous les yeux de l'interrogé.

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Torture  et Gestapo:

Ouvrage de Serge Portelli; 2011; Pourquoi la torture (books.Google.fr)

Serge Portelli cite un ouvrage de Jacques Delarue "Histoire de la Gestapo"

"Les procédés employés pour faire parler les personnes interrogées étaient partout les mêmes. On les obligeait à s’agenouiller sur une règle triangulaire pendant qu’un tortionnaire montait sur leurs épaules: on les suspendait par les bras ramenés en arrière jusqu’à évanouissement: on les frappait à coups de pied, de poing, de nerf de bœuf: on les ranimait en les aspergeant d’un seau d’eau quand elles s’évanouissaient. On limait les dents. On arrachait les ongles, on brulait avec une cigarette et parfois même avec une lampe à souder. On pratiquait aussi le supplice de l’électricité, un fil était attaché aux chevilles pendant qu’un second fil était promené sur les points les plus sensibles du corps. On entaillait la plante des pieds au rasoir et on obligeait ensuite le blessé à marcher sur du sel. Des morceaux de coton imbibés d’essence étaient placés entre les doigts des pieds et enflammés. Le supplice de la baignoire consistait à plonger le patient dans une baignoire d’eau glacée, menottes aux mains ramenées dans le dos et à lui maintenir la tête sous l’eau jusqu’à suffocation presque complète. On le ramenait à la surface en le tirant par les cheveux: s’il refusait encore de parler on le replongeait immédiatement dans l’eau".

Il convient d'ajouter à ce texte un autre procédé nazi (souvent mortel) : celui d'ébouillanter en plongeant la personne dans une baignoire d'eau de plus en plus chaude. Voire en versant sur son corps de l'eau bouillante. (Je l'ai entendu lors du procès de Klaus Barbie 11 Mai 1987-4 Juillet 1987).

L'imagination humaine est sans limite pour torturer....

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Brevet élémentaire et brevet supérieur :

A notre époque (2013) bien peu se souviennent de ces diplômes.

Il existait, avant guerre 2 ordres d'enseignement assez cloisonnés : 1/ le primaire et 2/ le secondaire.

1/ Le primaire :

Le primaire conduisait au Certificat d'Etudes Primaires (= CEP) qui était un diplôme de fin d'études (à 12 ans ou 13 ans). Tout titulaire du CEP savait lire, écrire et rédiger correctement la langue française, sans fautes d'orthographe, ni de grammaire. En outre l'élève savait compter et résoudre des problèmes pratique d'arithmétique. Il avait des notions de sciences physiques, de sciences naturelles, d'hygiène et d'histoire. Il connaissait basiquement le fonctionnement des institutions françaises et avait reçu des notions de morale. Il connaissait des poèmes et des chants français.

Après le CEP tout bon élève pouvait poursuivre et compléter son instruction primaire jusqu'au Brevet Elémentaire (CEP +2). Ce diplôme lui permettait de devenir instituteur de campagne ou d'accéder à des postes de l'administration. Ce brevet élémentaire était donc un diplôme de capacité (minimal) à l'enseignement primaire.

Si l'élève pouvait, et voulait, il pouvait améliorer son cursus dans des écoles primaires supérieures (EPS). L'enseignement primaire supérieur (EPS) est un ordre d'enseignement qui a existé en France entre 1833 et 1959. Il a été supprimé, avec les Cours Complémentaires, par la réforme Berthoin en 1959. Ainsi l'élève, ayant son brevet élémentaire, pouvait parvenir, en 3 ans supplémentaires, à l'obtention du Brevet Supérieur (CEP +2+3 = CEP+5). Le Brevet Supérieur permettait d'entrer dans les écoles normales, ou d'obtenir de bons postes d'instituteur, atteignant les plus hautes classes de traitement de cette catégorie professionnelle. Le brevet supérieur permettait aussi d'accéder à des postes supérieurs dans l'administration (catégorie A). Le BS était admis en équivalence du baccalauréat général, il permettait l'accès en faculté, en revanche il ne permettait pas d'accéder aux "grandes écoles" qui exigeait un cursus dans l'ordre de l'enseignement secondaire. Alors que dans le cas d'espèce nous n'avons pas quitté l'ordre du primaire, fut-il supérieur.

Lucien Rose décrit bien cette situation en parlant de Roger Terrier :

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2/ Le secondaire :

L'ordre de l'enseignement secondaire relevait des lycées et conduisait au baccalauréat.

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Et le BEPC ? Quid ?

Le brevet d'études du premier cycle (= BEPC) a été créé en 1947 avec les cours complémentaires. Il est devenu ensuite le Brevet des Collèges. Il constituait une première entorse au système antérieur (d'avant guerre 39-45) de l'ordre ancien entre primaire et secondaire. Le BEPC permettait d'entrer directement en classe de seconde et de rejoindre l'enseignement secondaire des lycées. il est maintenant obsolète et n'offre aucun débouché.

 


 

Presse d'époque

LA SAVOIE FRANCAISE
ORGANE OFFICIEL DU CDL DE LA SAVOIE

Samedi 13 Janvier 1945 N° 120

Un article de Lucien Rose





LA SAVOIE FRANCAISE
ORGANE OFFICIEL DU CDL DE LA SAVOIE

jeudi 11 Janvier 1945
N° 118

Un article de François Marcet.

 

Documents

Ces documents sont surtout destinés à AERI s'ils veulent compléter leurs fiches.

Ci-dessous un documents d'états de service de Roger Terrier, signé par Lucien Rose, le 8 Novembre 1944.

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La pension de famille mentionnée par AERI, selon les indications de Lucien Rose, est vraisemblablement l'établissement ci-dessous. Les fonctions de Roger Terrier dans l'Ain étaient des tâches de police, et notamment le jugement de collaborationnistes (collabos) et de miliciens. Il est mentionné également que Roger Terrier suivi le QG de la résistance vers LYON.

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